Camden Town

      De Dickens à Amy Winehouse .

Autrefois c’était une écluse, et un marché installé autour d’écuries où se reposaient les chevaux de halage. C’est devenu un village, puis une petite ville, dans laquelle Charles Dickens passa son enfance : il y observait les enfants pauvres mais débrouillards qui donneront leurs traits à David Copperfield et Oliver Twist.

Deux siècles plus tard, le marché a envahi  tous les bâtiments de l’ancien port fluvial et la rue principale qui va de la station de métro à l’écluse. Les façades dégoulinent d’une créativité audacieuse. Restaurants, cantines cosmopolites, bars à chicha, commerces d’épices, les odeurs se mêlent. Camden Town incarne cette Angleterre  qui accueille, reçoit, entasse, accumule, mais n’efface rien de ce qui fut son passé. Canada . Les écuries sont toujours là, mais les chevaux ont été figés dans le bronze. Il n’y a pas que les grands hommes qu’on statufie.  Les travailleurs anonymes dont les efforts ont autrefois contribué à la prospérité des échanges commerciaux, et les quadrupèdes dont ils maitrisaient la force, ont  également cet honneur. N’entend-on pas dire que le cheval est ici un animal sacré ?

Camden town est  un espace de marginalité d’une vitalité inouïe, où se retrouve, venant de tous horizons, une jeunesse en quête d’aventures. C’est le foyer d’une expression artistique spontanée,  qui accompagne des activités commerciales diverses, sans que l’on parvienne toujours à distinguer l’une des autres. . La vie semble y être affranchie de toutes contraintes. On oublie la pesanteur de la loi, et aussi les caméras de surveillance, pourtant omniprésentes.

En voulant donner une dimension poétique à son existence, Amy Winehouse s’est perdue dans cette illusion de liberté totale. Des photos dédicacées sur les murs d’un pub, et quelques oeuvres d’urban art, rappellent l’attachement de la chanteuse récemment décédée à ce quartier. « Personne, disait-elle, ne me séparera de mon Camden ».



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